Mardi 8 février 2012, j’ai participé à la 3ème édition du Besson In Real Life (#birl3) dont l’objet est, pour le Ministre, « de rompre avec le virtuel et d'échanger très librement avec des followers qu'il apprécie particulièrement ». Compte rendu et réflexions personnelles autour de cette initiative made in Besson.
Les invités
Le 27 janvier dernier, j’ai interpellé Eric Besson sur Twitter, qui m'a répondu en moins de cinq minutes :
@OpenGovFrvoyez svp avec @cabBESSON
— Eric BESSON (@Eric_Besson) Janvier 27, 2012
S’en suivent quelques échanges en DM sur Twitter, à l’initiative de Caroline Morard (@cmorard), l’animatrice du compte @CabBESSON, qui me propose ensuite, par email, de participer au #Birl.
Sur place, j’ai fait la connaissance de 26 autres twittos, douze femmes et quatorze hommes, de 20 à 50 ans, intéressés par des sujets très variés comme les investissements (@nadeer_neezz), l’économie numérique (@btabaka), les cosmétiques (@xoxobCapucine), les médias (@semioblog), le foot (@Nicolasdieuze) et bien d’autres choses !
Exception faite de Benoît Tabaka (@btabaka), le Secrétaire Général du CNN, nous étions donc un bon panel d’anonymes dont le nombre de followers varie de quelques dizaines à plus de 5 000. Néanmoins, comme j'ai pu le constater lors le tour de table les sympathisants et militants UMP étaient en nombre ce soir là, contrairement aux deux premiers Birl qui étaient plutôt marqués à gauche selon le Ministre.
Le déroulement
Invités à nous présenter à 18h45 à Bercy, nous avons été accueillis par Caroline Morard et un sympathique buffet autour duquel nous avons fait connaissance. Eric Besson est arrivé quant à lui vers 20h20, accompagné de trois autres conseillers. Il a salué chacun d’entre nous, s’est excusé pour son retard, puis nous nous sommes rendus dans une salle de réunion à quelques pas de la salle de réception.
Après un rapide mot d’introduction du Ministre, chacun s’est présenté en déclinant son identité, son pseudo Twitter et son/ses centre(s) d’intérêt. Est ensuite venue la séquence des questions / réponses qui s’est déroulée dans une ambiance bon enfant, chacun prenant ou demandant la parole, pour poser la question qui lui tenait à cœur. Le plus difficile étant d’obtenir la parole, tant les mains se levaient, et tant certain(e)s avaient du mal à lâcher le micro. Certains twittos n’ont d’ailleurs posé aucune question, tandis que d’autres auraient beaucoup appréciés être seul(e) à seul(e) avec le Ministre…
Après chaque question, Eric Besson a répondu comme il s’y était engagé, de façon décontractée et avec un humour certain, même si ses réponses se sont avérées, sans surprise, dans la droite ligne du discours UMP. Seule surprise, le Ministre s’est livré à quelques commentaires sur sa vie personnelle, alors qu’il avait rappelé qu’il ne souhaitait pas aller sur ce terrain.
Aux termes de ce jeu de questions/réponses, nous sommes retournés dans la salle de réception où nous attendaient un nouveau buffet et une nouvelle occasion de discuter avec le Ministre et ses conseillers jusqu’à 22h30 environ.
Bilan
Si vous souhaitez participer au prochain Birl, que le Ministre prépare déjà, je vous conseille de le suivre sur Twitter, si ce n’est pas le cas, et de lui faire part de votre intérêt pour cette rencontre. Tout simplement !
Maintenant, est ce que le Birl vaut le déplacement ? De mon point de vue, tout dépendra de ce que vous en attendez. Si vous souhaitez « échanger librement » avec Eric Besson, comme cela nous a été proposé, aucune hésitation à avoir, le Birl tient sa promesse. Si vous souhaitez vous faire tirer le portrait à côté du Ministre, comme je l’ai fait pour illustrer cet article, pas de problème non plus, un photographe professionnel est prévu à cet effet.
Par contre, si vous souhaitez entrer dans le fond d’un dossier, comme je l’espérai, vous risquez de rester sur votre faim, même s’il est possible, en fin de soirée, d’échanger de façon plus approfondie avec ses conseillers.
Au final, il serait tentant de conclure que le Birl n’est qu’une opération de com’ où l’on s’entend dire ce qu’on aurait pu trouver sur Internet. Ceci dit, combien de Ministres, de chefs de partis politiques, de dirigeants syndicaux, nous donnent, à nous les non « encartés », la possibilité de venir leur dire, face à face, ce que nous pensons ? Très peu. Trop peu. Pourtant le mot "courage" est dans de nombreuses bouches en ce moment…
Par conséquent, je pense, pour ma part, que le Birl est une initiative dont le principal mérite est d’ouvrir la voie vers une nouvelle forme de relations entre élus et citoyens. Il mériterait donc d’être copié, et peut-être d’être cadré, en définissant un thème pour chaque édition, afin de permettre des discussions de fond, voir des débats contradictoires entre le Ministre et ses invités. Une suggestion qui tombera peut être dans l’oreille d’un Ministre, manifestement à l’écoute.